Armes du xinyi bagua

Les armes du xinyi bagua

 

L'apprentissage des armes est une composante importante de la pratique du xinyi bagua. Là encore, c'est un trait commun à une multitude de styles d'arts martiaux chinois, y compris dans leur forme moderne et sportive. Toutefois, il convient de noter que cette pratique des armes n'est pas une simple conservation d'un élément ancien et désuet. En effet, s'il ne s'agissait que de poursuivre cette pratique "pour la forme", ou pour la mémoire, cela reviendrait à faire du  pratiquant  un musée vivant. Ce qui n'a que peu d'intérêt.

Au contraire, la pratique des armes vient compléter - et même renforcer - la pratique à mains nues. On peut toujours considérer que savoir utiliser un bâton ou une épée peut servir à développer notre dextérité et permettre d'user plus facilement d'objets divers pour sa propre défense, l'essentiel en xinyi bagua dépasse largement cet aspect. En effet, la pratique de chaque arme permet de mieux comprendre notre façon d'utiliser notre corps, notamment pour générer la force.

 

Les 4 armes de base

 

Quatre armes sont d'abord étudiées par l'adepte de xinyi bagua. Il s'agit du bâton long, du bâton court (type matraque), de pudao (grand sabre) et de l'épée. A chacune de ces armes correspond un élément : la terre pour le grand bâton, l'eau pour le petit bâton, le feu pour le pudao et l'air pour l'épée.

Tous les principes du xinyi bagua sont mobilisés dans la pratique des armes. Celles-ci vont même nous permettre de développer davantage ces principes. Ainsi, le grand bâton va développer immédiatement l'engagement du corps. Lorsque j'ai appris  la forme du grand bâton, j'ai été très étonné de l'effet produit sur moi. Dès que je suis repassé à la pratique sans arme, j'ai constaté combien le grand bâton m'avait apporté pour mieux sentir cet engagement du corps qui est essentiel pour rendre effectives toutes nos techniques. Autre exemple : la pratique des armes exige une conscience accrue dans tous le corps, notamment dans les mains. On peut donc affirmer que cette pratique avec armes vient en complément de tous les autres exercices destinés à nous apporter une conscience du corps et une concentration maximale.

 

Le grand bâton

Il s'agit d'un bâton qui est a peu près de la même longueur que la taille du pratiquant. Il est en rôtin et d'une largeur supérieure à celle des bâtons utilisés dans la plupart des autres styles de wushu.

Son maniement est beaucoup plus réaliste à mon sens que ce que l'on peut voir ailleurs. Pas de moulinets inutiles mais des techniques simples. Celles-ci seront d'autant plus efficaces que l'engagement du corps sera important.

Il existe une forme a effectuer seul et une forme à deux.

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Le petit bâton

Il s'agit donc d'une sorte de matraque, d'un diamètre d'environ 3,5 cm (avec une marge plus ou moins grande en fonction de la taille des mains du pratiquant). Elle doit être en bois dur mais on peut utiliser un bois plus léger pour s'entraîner (un morceau de tringle à rideau fait parfaitement l'affaire).

Une forme effectuée en solo est étudiée ainsi qu'une multitude d'exercice avec un partenaire. Cette arme sert à frapper mais aussi sert de levier pour passer des clés.

On l'utilise à une main (ce qui correspond généralement à une utilisation face à un adversaire armé d'une arme courte type couteau) et avec les deux mains (dans ce cas, on est opposé à un adversaire disposant d'une arme plus longue type batte de base-ball ou autre).

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Le pu dao

 

Ce terme désigne un long sabre. Il en existe de très nombreux types en Chine. Certains sont proches des sabres traditionnels, qu'on appelle souvent da dao (littéralement : grand sabre). D'autres se rapprochent plus de la hallebarde car leur manche est constitué d'un bâton.

Le nôtre est assez atypique. Il est le fruit d'une évolution historique et aurait  été mis au poit au cours des guerres sino-japonaies de la première moitiée du XXème siècle. Sa lame est plus fine que la plupart des sabres chinois, son manche se tient à deux mains mais la taille est spécifiquement étudiée afin de permettre des manoeuvres qui ne sont pas gênées par notre propres corps. Notons que la lame est à double tranchant au niveau de la pointe. L'intégralité de l'arme est utilisée, aussi bien du côté de la lame que du côté du manche.Là aussi, il existe une forme en solitaire et une forme à deux. Jiang RongJiao a écrit un manuel d'utilisation de la baïonette. On retrouve de nombreuses similarités entre le maniement du pu dao et celui d'un fusil doté d'une baïonette.

On considère que cette arme est la plus caractéristique de notre style. En tout état de cause, elle reste assez éloignée du grand sabre propre aux autres styles de bagua zhang.

Pour l'entraînement, nous devons fabriquer nous même cette arme. En effet, nulle part nous ne trouverons ce type de sabre manufacturé. Il faudrait s'en faire forger un sur mesure (car il doit être adapté à notre taille) ce qui est relativement coûteux. De plus, pour pouvoir s'entraîner sans trop de risque de blessure, une arme en bois est parfaitement adaptée. Nous partons donc d'un sabre japonais en bois : le bokken. Puis nous fabriquons un manche en métal à l'aide d'un tuyau de plomberie. L'anneau fixé à l'extrémité du manche est réalisé à l'aide d'un anneau utilisé en escalade.

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L'épée

Il s'agit de l'épée chinoise classique. Arme de lettré, elle est plus légère que les autres armes naguère employées sur les champs de bataille. Sa pratique requiert d'ailleurs plus de légèreté que les autres armes. En xinyi bagua, on l'utilise toujours en même temps que le fourreau, ce qui en fait une arme double.

Nous ne connaissons que la forme en solitaire. Nous n'avons pas eu transmission d'exercices d'application. Néanmoins, les techniques étudiées dans la forme restent assez explicites.

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Les autres armes

 

Lorsque le niveau du pratiquant est suffisamment élevé, celui-ci peut commencer l'étude des armes plus spécifiques. Toutes celles qui ont été transmises à Daniel Belotti sont des armes doubles. Il s'agit pour la plupart d'objets usuels (les doubles hachoirs ou la hâche et le crochet) et sont assez rarement vus dans d'autres styles.

Les discussions avec Chen BingDong indiquent que d'autres armes étaient étudiées par les adeptes du xinyi bagua en fonction de leur préférence et de leur compétence. La lance, arme maîtresse du xingyi quan/xinyi quan en faisait bien sûr partie. Le grand fléau (appelé le "petit-fils et le grand-père) également.

 

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Date de dernière mise à jour : 27/11/2015